Un CV qui vous ressemble
Un CV n'a pas à tout dire. Il a à donner envie d'en savoir plus — ce qui n'est pas du tout la même chose.
La plupart des CV que je vois souffrent du même mal : ils cherchent à être complets. On y trouve chaque poste, chaque outil, chaque formation. Rien n'est faux, et pourtant rien ne ressort.
Ce que fait vraiment un CV
Un CV ne décroche pas un emploi. Il décroche un entretien — et c'est tout ce qu'on lui demande.
La personne qui le lit y consacre moins d'une minute au premier passage. Elle ne lit pas : elle cherche. Votre travail n'est pas de tout dire, mais de rendre trouvable ce qui compte.
Des résultats, pas des attributions
C'est le point qui change le plus de choses.
La plupart des lignes décrivent ce qu'on avait à faire. Ce qui intéresse, c'est ce qui a changé parce que vous étiez là.
- « Responsable de l'accueil des nouveaux collaborateurs » → une attribution.
- « Refondu le parcours d'accueil ; les départs la première année sont passés de six à deux » → un résultat.
La seconde formulation donne une prise, et souvent une question en entretien. La première ne donne rien.
Si vous n'avez pas de chiffre, ce n'est pas grave : un avant et un après suffisent. « Les demandes arrivaient par courriel et se perdaient ; j'ai mis en place un suivi partagé que l'équipe utilise toujours. »
Assumer un parcours qui bifurque
Beaucoup de personnes que j'accompagne s'excusent presque de leur trajectoire. Une reconversion, une pause, un secteur qui n'a rien à voir.
Un parcours qui bifurque n'est pas un défaut à masquer. Il devient un problème uniquement quand il n'est pas expliqué : le lecteur comble alors le vide tout seul, et rarement en votre faveur.
Une ligne suffit. « 2023 — reprise d'études en gestion, par choix, après huit ans dans la restauration. » Le trou disparaît, et il reste une décision.
Ce n'est pas la cohérence du parcours qui rassure. C'est de voir que vous l'avez choisi.
Ce qu'on peut enlever
La place est limitée, autant la donner à ce qui travaille pour vous :
- les postes de plus de quinze ans, sauf s'ils servent votre projet actuel ;
- « Word, Excel, Internet » — cela ne distingue plus personne ;
- la photo, si elle ne vous met pas à l'aise : en Suisse, elle est d'usage, mais elle n'est pas obligatoire ;
- « Références disponibles sur demande », qui va de soi ;
- toute compétence que vous ne voulez pas voir apparaître dans le futur poste.
Ce dernier point compte plus qu'il n'y paraît. Ce que vous mettez en avant est ce qu'on vous proposera de refaire.
Une version par candidature
Non, il ne s'agit pas de tout réécrire à chaque fois.
Gardez un document complet, votre base. Pour chaque candidature, faites une copie et réordonnez : ce qui répond à l'annonce remonte, le reste descend ou disparaît. Vingt minutes, pas davantage.
Deux personnes à compétences égales, l'une adapte, l'autre non : la différence se voit à la première lecture.
Pour commencer
Prenez votre CV actuel et une seule ligne — n'importe laquelle. Transformez-la en résultat.
Si c'est difficile, c'est justement le signe que cela valait la peine. Et c'est un très bon point de départ pour une première séance.
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