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Préparer un entretien sans réciter

Apprendre ses réponses par cœur donne l'effet inverse de celui qu'on cherche. Voici ce qui fonctionne mieux, et pourquoi.

3 min de lecture

La veille d'un entretien, la tentation est toujours la même : écrire ses réponses, les relire, les apprendre. C'est rassurant. C'est aussi, le plus souvent, ce qui fait basculer l'entretien du mauvais côté.

Pourquoi réciter dessert

Une réponse apprise s'entend. Le débit change, le regard cherche le texte quelque part au plafond, et la personne en face perçoit un décalage sans forcément savoir le nommer.

Il y a une raison à cela. Réciter mobilise la mémoire, écouter mobilise l'attention. Les deux se disputent les mêmes ressources. Plus vous tenez à votre texte, moins vous entendez la question réellement posée — et vous répondez à celle que vous aviez préparée.

Le risque n'est pas d'avoir un trou de mémoire. Il est de répondre à côté avec assurance.

Préparer la matière, pas les phrases

Ce qui tient, sous stress, ce n'est pas une formulation : c'est un souvenir précis. Prenez donc le problème par là.

Repérez cinq ou six situations de votre parcours, et pour chacune notez trois choses seulement :

  • la situation de départ, en une phrase ;
  • ce que vous avez fait, concrètement — pas l'équipe, vous ;
  • ce qui a changé ensuite.

Trois points par situation. Pas de rédaction. Une situation bien choisie sert à répondre à quatre ou cinq questions différentes selon l'angle qu'on lui donne.

Le petit silence qui change tout

Quand la question tombe, laissez passer deux secondes avant de répondre. Deux secondes, c'est très court à vivre et très long à décrire.

Ce temps sert à trois choses : il vous laisse choisir la bonne situation plutôt que la première venue ; il fait baisser d'un cran la tension physique ; et il donne, en face, l'image de quelqu'un qui réfléchit avant de parler.

Personne n'a jamais été écarté pour avoir pris deux secondes.

La question sur les faiblesses

Elle revient presque toujours, et les réponses toutes faites — « je suis perfectionniste » — ne trompent plus personne depuis longtemps.

Ce qui fonctionne : une vraie limite, accompagnée de ce que vous en faites. « J'ai tendance à vouloir tout traiter en même temps, alors j'ai pris l'habitude de fixer trois priorités le lundi et de m'y tenir. » C'est honnête, c'est vérifiable, et ça montre que vous vous connaissez.

Trois questions à poser

Un entretien va dans les deux sens. Préparez trois questions, et posez-en au moins une :

  1. Qu'est-ce qui ferait qu'au bout de six mois, vous vous direz que c'était le bon choix ?
  2. Qu'est-ce qui est difficile, en ce moment, dans cette équipe ?
  3. Comment cette fonction a-t-elle évolué ces deux dernières années ?

La deuxième surprend souvent. Les réponses qu'elle amène en disent long.

Ce qu'il faut retenir

Un entretien n'est pas un examen : personne n'attend de vous une réponse parfaite. On cherche à savoir avec qui on va travailler.

Arrivez avec vos situations en tête, deux secondes de silence dans votre poche, et l'autorisation de dire « je ne sais pas, mais voilà comment je m'y prendrais ». C'est largement suffisant.

  • entretien
  • préparation
  • confiance

— Véronique

Votre situation n'est pas celle de l'article ?

C'est normal — aucun parcours ne ressemble tout à fait à un autre. Le premier échange est sans engagement.

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